ÉDITO

L’ÉDITORIAL de Marc Gilmant, vice-président de la FCCM
et délégué général de la Rencontre Cinéma de Pézenas

On a coutume de dire « Les années se suivent et ne se ressemblent pas ».
C’est sans doute plus vrai que jamais dans ce xxie siècle que nous traversons sans répit, bousculés que nous sommes par les changements climatiques, technologiques, éthiques ou par la virtualité grandissante des rapports humains.
Chaque année qui passe nous demande plus d’adaptation à ces changements, plus de vigilance aussi face à l’écroulement de certaines valeurs de solidarité ou tout simplement d’humanité.
Le cinéma que nous défendons reste un rempart contre l’indifférence et le cynisme, une source d’ouverture à d’autres cultures, d’autres visions, d’autres imaginaires.
Tout le contraire du repli sur soi, que d’aucuns portent comme un étendard et une illusion de liberté.

Une fois encore, nous allons découvrir ou redécouvrir la filmographie de pays plus ou moins lointains. En ce sens, oui, pour nous aussi, les années se suivent et ne se ressemblent pas.
Nous nous sommes tournés vers les pays nordiques.
En parcourant les ouvrages consacrés à l’histoire cinématographique, nous nous sommes vite rendu compte que des choix difficiles allaient s’imposer.
Cette histoire englobait cinq pays : la Suède, la Norvège, le Danemark, la Finlande et l’Islande. Quelle richesse !
La Suède à elle seule mériterait une édition, le Danemark aussi.
Nous avons donc opté pour les pays aux productions moins importantes, moins nombreuses et moins connues.
En effet, par exemple, il est assez difficile de citer spontanément un réalisateur norvégien en dehors de Joachim Trier. De la Finlande, nous connaissons Aki Kaurismäki, de l’Islande Solveig Anspach. Grâce à eux, un éclairage s’est fait sur des cinémas fort riches dans leur diversité.
Pour nous plonger dans ces différents univers, nous serons accompagnés par des spécialistes, Irmeli Debarle pour le cinéma finlandais qui est aussi traductrice des films de Aki Kaurismäki et Aurore Berger-Bjursell conférencière et historienne du cinéma norvégien.

Comme chaque année, il y aura des avant-premières et les films à défendre ou à faire connaître proposés par l’ACID.

Et puis, nous allons vibrer, respirer en empruntant « Les traversées libertaires du cinéma » au travers de huit films, de Jean Vigo à Armand Gatti, en passant par Jodorowsky et notre ami belge Richard Olivier, présent pour deux de ses films.
Des spécialistes, trop nombreux à citer ici, nous ferons mieux comprendre les nuances entre courants anarchistes, anticonformistes, etc.

Présents également, la réalisatrice Charlotte Silvera et le réalisateur Jean-Max Causse pour un parcours de leurs filmographies personnelles et singulières.

Plongez dans les pages de notre programme pour y trouver tous les détails, films, invités, conférences, etc.

Que tous ceux qui ont accepté de nous aider, nous conseiller et nous accompagner pour la première fois ou par fidélité dans l’élaboration de cette édition soient vivement remerciés.

Comme je l’écrivais en préambule « Les années se suivent et ne se ressemblent pas ».
Pour la FCCM organisatrice de ces Rencontres tout spécialement. Les intempéries survenues l’automne dernier ont causé des dégâts dans nos bureaux au moment de la préparation de cette édition. Notre équipe a dû se réorganiser, travailler dans d’autres lieux, et les retards accumulés nous ont fait craindre le pire.
Malgré tout, une fois encore le cinéma, la passion qu’il nous procure, l’énergie qu’il suscite, la patience et la solidarité de l’équipe auront eu raison de l’adversité !
Que toute cette formidable équipe, salariés et bénévoles travaillant en complémentarité, soit non seulement remerciée affectueusement, amicalement, chaleureusement, mais qu’elle garde longtemps cette belle énergie avec ce même esprit qui l’anime.

Marc Gilmant